NEPAL (avril 2007)
Namaste,
17 novembre 2006, je reçois un mail m’avertissant que je suis l’heureux gagnant d’un concours auquel j’ai participé 1 mois auparavant. Le lot: un des plus beau Trek du monde, LE TOUR DES ANNAPURNAS permettant d'admirer l'ensemble des hauts sommets de la chaîne himalayenne, dont neuf sommets de plus de 8000m (sur 14 dans le monde).
Un trek qui part de régions à végétation tropicale pour rejoindre les hautes vallées du mustang. Une grande variété de paysages et panoramas, 330kms, 10 000m de dénivelé positif et quasiment autant en négatif et surtout un passage à 5416m au col de THORUNG LA.
Je vous laisse imaginer ma joie, moi qui suis passionné de montagne et de récit d’aventure ; faire le tour des Annapurna, c'est découvrir un univers incomparable, celui de la haute montagne impressionnante et magique ; c'est partager le rêve éternel des pionniers, c'est traverser le jardin féerique des Maurice HERZOG, Louis LACHENAL, Gaston REBUFFAT, Lionel TERRAY (1er hommes à franchir les 8000m) et découvrir la géographie intime des sommets.
Cependant quelque chose me manquait ; gagner un voyage, aussi fantastique soit il, c’est bien mais à part répondre à une série de questions je n’avais pas participé à la mise en oeuvre.
Après avoir contacté les différents partenaires avec lesquels je travaille habituellement sur d’autres projets sportifs afin de leur demander conseil sur ce que nous pourrions faire ensemble au NEPAL en fonction du calendrier imposé ; nous convenons que le voyage se déroulerait en 3 étapes :
1. le BUDOKAÏ-DO (faute de trouver un club de judo)
2. Le trek
3. L’Association humanitaire
1. Le BUDOKAÏ-DO
Après avoir contacté par e-mail la fédération népalaise de BUDOKAÏ-DO, nous convenons d’un rendez-vous le lendemain de mon arrivée au NEPAL : « nous viendrons te chercher à ton hôtel demain à 16h pour te faire découvrir la pratique et l’étude notre art martial ».
A 16h pile je suis dans le hall ; mes nouveaux amis Bishwo Sagar Shrestha (le senseï) et Ram Hari Bhetawal (son assistant) m’accueillent d’un chaleureux « namaste » et commencent par me présenter leur activité et les grands principes du budokaï-do.
Le Budokai-do est un style ”plein contact” dynamique et réaliste, où on n’ apprend pas de techniques superflues ce qui est primordial pour l’ apprentissage d’ une autodéfense efficace et ce aussi bien pour femmes, enfants que pour les hommes.
Dans le Budokai-do, on utilise des positions de combat courtes (position de marche) ce qui nous permet d’ être très mobile dans toutes les directions
Le Budokai-do est un style de combat plein contact qui vient du Népal et a été introduit en Europe en 1990 par Maha Guru Sagar Shrestha
Le nom Budokai-do vient de Bouddha, du fait que Maître Sagar SHRESTHA à effectué la majorité de ses entraînements de préparation au Temple de Swayambunath inspiré par le temple Swayambu au Népal . Le nom changera plus tard en Budokai-do, signifiant le chemin du grand guerrier. Il opta alors pour la terminologie japonaise, plus répandue, dans le but de faciliter la compréhension et l'enseignement.
Cet art martial est un sport de combat intégral qui contient de nombreuses techniques de coups de poing, de pied ou de genou, des mouvements de rotation pour dévier, éviter, des projections et balayages, des techniques de soumission utilisées au sol comme des clés et étranglements.
Ensuite il y a l’ apprentissage des “Yantra” ou Kata, et le “Hatiyar” ou l’ art des armes.
La stratégie du Budokai-do est de dévier l’ attaque de l’ adversaire, le sortir de son équilibre et de le mettre hors d’ état de nuire au plus vite
Les équipements
Poshak ... Le Budokai-Do se pratique avec une tenue spécifique composée d'un pantalon ample de manière à masquer en partie les départs d'actions. la veste est également ample à manches courtes ce qui permet entre autre une plus grande efficacité dans les immobilisations et les étranglements.
Le « Poshak » est personnalisé par la présence sur le bras droit du drapeau népalais, sur le bras gauche l'insigne rond de KANKU, sur la poitrine le mot « BUDOKAI-DO » en newari ancien et dans le dos, le symbole népalais du roi dragon. Protèges tibias, coquille et gants complètent cet équipement. Pour les «Ladaku» (combats) on peut également avoir un protège dents.
Le sac de frappe permet de travailler seul l'efficacité et la puissance des coups de pieds. Le pao sert plus particulièrement à travailler les enchaînements pieds-poings en rapproché avec un partenaire Les pattes d'ours sont utilisées pour travailler la rapidité des enchaînements dans la préparation des Ladaku
Grades
Comme dans beaucoup d’art martiaux, les “ YANTRAS ” ( katas ) permettent de garder intactes les techniques enseignées lors des entraînements.
A partir de la ceinture verte (6è Darja), une épreuve de casse “ BHASNU en Népalais ” est demandée au candidat pour la confirmation de son Grade.
Les combats “LADAKU ” sont également impératifs pour l’obtention des grades avancés !!
Les grades jusqu’ à la ceinture marron sont appelés “DARJA” ( kyu ) et à partir de la ceinture noire sont appelés “TAHA” ( dan )
Dès les premiers cours, les techniques de vêtement et les coups avec saisies sont travaillés ainsi que le travail au sol (étranglements et immobilisations).
Les “ YANTRAS ” ne sont enseignés que lors de la préparation au passage de grade.
Il n’ y a pas d’examen entre 10è et 9è Darja.
Tous les Yantras (formes) sont basé sur les cinq éléments, la terre (darti, prithiwi), le vent (bayo), l’eau (jal), le feu (agni), le ciel (akash)
Ces cinq éléments forment la base des enseignements du Budokai-do. Vous apprenez à bloquer les coups de poings et les coups de pieds avec des blocages bas, à mi-hauteur et vers le haut mais ce qui est très important c’est que vous évitez et bloquez en même temps.
En tournant autour de l’ adversaire il sera confondu et perdra l’ équilibre ce qui vous donne un grand avantage pour le frapper, le tirer, le pousser, l’ agripper (le feu), le terrasser pour l’ immobiliser au sol.
Quand vous bloquez son coup de poing ou coup de pied vous essayez toujours d’esquiver son attaque vers le bas (la terre), vers l’intérieur (l’ eau) ou vers l’ extérieur (le vent). Le ciel (Akash) veut dire blocage vers le haut pour en suite l’agripper au cou, à la nuque, à la tête, aux cheveux.
17h, direction le « dojo » ; nous prenons le taxi, en 20 minutes nous voila arrivés sur les hauteurs de KATHMANDU. Lorsque que nous arrivons des enfants s’entraînent assidûment ; Bishwo m’explique que demain ils présentent leur “DARJA” ( kyu ) ; j’en profite pour m’initier à la cérémonie de l’encens sous la direction de Ram Hari, le temps que Bishwo enfile son « Poshak ».
Enfin le moment tant attendu, les deux professeurs s’exécutent et me présentent une superbe démonstration sous l’œil averti des enfants. Je suis subjugué par la limpidité et la vitesse d’exécution des mouvements.
A mon tour, je leur présente 2 mouvements ippon-seoi-nage et uki-goshi du nage-no-kata, les enfants sont aux anges et les 2 professeurs sont heureux de découvrir ces deux mouvements.
Nous clôturons la séance par un salut Népalais et quelques photos.
De retour dans les bureaux du club, Bishwo m’explique que si les enfants ne venaient pas au dojo, ils traîneraient dans les rues et seraient confrontés à de graves dangers. Il m’explique également que dans son quartier, il joue un rôle particulier auprès des jeunes et de leur familles comme un médiateur afin que les enfants continuent d’aller à l’école et n’aillent pas travailler trop jeunes afin de subvenir aux besoins de la famille. Pour les inciter à venir, tout est gratuit pour eux et les seuls revenus de la fédération sont les dons et les actions menées par les clubs, je profite de ce moment pour lui remettre une enveloppe contenant un peu d’argent récolté avant mon départ.
2. Le trek
Le groupe est composé de 7 personnes, tous d’excellents marcheurs et d’autant de Népalais pour nous encadrer. Après une rapide visite guidée de Kathmandu et du célèbre Boudhanath, nous partons pour Besi Sahar notre point de départ où nous rencontrons Tassi notre sirdar (guide).
A peine arrivé, celui-ci nous donne le programme: « 13 jours de marche ; tous les jours réveil à 6h pour 7h à 8h heures de marche, nous aurons 330kms à parcourir pour 10 000m de dénivelé positif et quasiment autant en négatif et surtout le célèbre col de THORUNG LA à 5416m au. Attention içi les variations de température sont importante -15° la nuit et 35° le jour en fonction de l’altitude… mais vous verrez ça vaut le coup vous ne serez pas déçu… ». Nous voila prévenus.
En ce qui concerne la nourriture, nous serons soumis au régime Népalais du Dal Bath (riz aux lentilles) presque tous les jours.
Nous marchons donc durant 4 jours le long de la rivière Maryangdi, pour nous acclimater, la vallée s’ouvre peu à peu : nous arrivons dans la région de Manang. (3 185m), 6ème jour montée jusqu’au Gyaru (3 673 m) pour voir apparaître l’impressionnante chaîne des Annapurnas. Nous continuons à grimper, de manière régulière, jusqu’à Leder (4 200 m). Au 9ème jour passage par Thorung Phedi puis installation au Thorong La High Camp (4 800 m), là la nuit est difficile les effets de l’altitude se font ressentir, notre guide nous met en garde contre les effets du MAM (Mal Aigu des Montagnes), je serai quitte pour une nuit « agitée ».
Le lendemain nous partons à 4h du matin pour atteindre le Torung La pass (5 416 m), point culminant du tour. Puis redescente en direction de Muktinath, cité tibétaine aux portes du Mustang. (3 760 m).
La suite n’est que descente le long de la Kali Gandaki entre les villages et les forêts de rhododendrons avec des journée de marche longues de 8h avec un vent de face à 70km/h…. dur dur pour l’organisme.
3. L’association Humanitaire
Concernant l’association humanitaire, j’ai choisi celle de Chantal Mauduit pour 2 raisons : elle est française et savoyarde (comme moi…).
Chantal Mauduit, alpiniste de renommée internationale disparue sur les pentes du Dhaulagiri en mai 1998, a toujours, durant ses expéditions himalayennes, favorisé la rencontre avec les différentes ethnies du "Pays du Sourire", qu'est le Népal.
Afin de perpétuer la passion de Chantal pour ce pays, sa famille et ses proches ont fondé une association destinée à améliorer les conditions de vie des enfants, et plus particulièrement leur scolarité.
A notre retour à Katmandu, nous convenons d’un rendez vous avec le directeur de l’école. Ce sera 18h dans le hall de l’hôtel.
Celui-ci étant pris par ses tâches administratives, il se fait représenter par Fanny et Charlotte, 2 jeunes françaises bénévoles pour 6 mois à l’école.
Elles nous présentent l’association :
"la Chantal Mauduit Academy", école privée liée par convention au Ministère de l'Education Nationale Népalais, a ouvert ses portes en mai 2001. L'école ne bénéficiant d'aucune subvention népalaise, la structure est intégralement financée par les dons, les parrainages et les droits des livres ou images.
Aujourd'hui, l'association prend en charge et scolarise 65 enfants, tous issus de milieux défavorisés ou des castes les plus basses, tels les Intouchables, ou encore de situations familiales très instables, voire désespérées.
Cette prise en charge couvre la location des locaux, équipements et travaux d'entretien, la scolarité et le matériel scolaire, les repas, l'hébergement des internes, l'habillement, l'enseignement artistique et les loisirs, ainsi qu'un suivi médical régulier et les soins nécessaires. L'encadrement des enfants est effectué par une équipe népalaise salariée, composée d'un directeur, enseignants, surveillant, femme de ménage, cuisinier, et régulièrement épaulée par des bénévoles français effectuant des missions au sein de l'école.
A notre tour nous leur faisons un cadeau: nous avons collecté tous nos médicaments et les pansements que nous avions et les leurs offrons…. Cerise sur le gâteau : Jeff « le doc » du groupe en profite pour répondre à leurs questions et leur donner toutes les informations nécessaires pour une utilisation optimale des médicaments afin de soigner les enfants dans les meilleures conditions sanitaires.