Via Ferrata du Fort l'Ecluse (16/09/07)

Publié le par VYNCK Sébastien



Altitude de départ :

 430 mètres

 

 Difficulté :

 AD

 Altitude d'arrivée :

 580 mètres

 Longueur :

 400 mètres

 Dénivelé :

 150 mètres

 Prix :

 Gratuit

 


Description :
Fortlecluse16sept07-1--1-.JPG

Paroi calcaire, ressauts + ou - raides entrecoupés de vires et terrasses confortables, pour parvenir au pied de la muraille du fort supérieur que l'on parcourt sur une bonne vire jusqu'au fossé sous le pont-levis.
Franchissement du fossé par un pont de singe de 15m.
Retour à pied par le sentier qui ramène au parking de départ (ou pour les + motivés par le petit chemin à travers les bois) à l'entrée du fort inférieur.

Le ptit +: la proximité de l'ouvrage militaire du fort et bien-sûr, la vue! ;-)

J’y suis allé pendant les journées du patrimoine, du coup j’ai pu bénéficier de la visite complète du fort à l’œil….


Horaire :
Approche : 5 min
Via ferrata : 1h00 / 1h30
Retour : 20 min

Fortlecluse16sept07-1--5-.JPG


L'histoire du fort:
Au lendemain de l'invasion Autrichienne et de la destruction quasi totale de Fort l'Ecluse en 1815, il fut décidé de maintenir ce "cadenas" dans le dispositif de défense des frontières françaises. Dès 1820, la reconstruction méthodique, intégrant les nouvelles avancées de l'architecture militaire, pouvait commencer.

Au sortir de la Grande Guerre de 1914-1918, durant laquelle Fort L'Ecluse aura tenu son rôle à distance de l'ennemi, il fut décidé de creuser un tunnel dans le Credo, cette pente rocheuse sur laquelle s'adosse le fort inférieur.
Le tunnel, utilisé aujourd'hui encore comme seul accès, hors autoroute, sur l'axe Bellegarde-Genève, n'aura pas le temps d'être achevé que la deuxième guerre mondiale éclate.

Pendant cette deuxième guerre mondiale, le capitaine Favre, André Favre, enseignant mobilisé comme officier de réserve, va tenter de garder fermé à toute intrusion ennemie ce verrou qu'est Fort L'Ecluse. Malgré une vaillante mais vaine défense, tenu par une garnison de près de 300 hommes et une maigre artillerie, Fort l'Ecluse est fait prisonnier sans jamais avoir déposé les armes mais du fait de la convention d'armistice entrée en vigueur le 25 Juin 1940.

Aujourd'hui le site de Fort L'Ecluse tente le difficile pari d'une réhabilitation harmonieuse, respectueuse du passé, tout comme le pari ambitieux de sa reconversion dans le champ culturel.

A la fin de la guerre, le fort resta occupé par l'armée jusqu'aux environs de 1956, date à laquelle les derniers soldats quittent le fort pour prendre part à la guerre d'Algérie.
Après cette période, le fort est purement déserté par l'armée, laissé à l'abandon et devient malheureusement victime d'actes de vandalisme. Dès les années 1970, le ministère des armées évoque clairement sa volonté de mettre en vente le Fort l'Ecluse. Des projets plus ou moins sérieux vont venir alimenter les conversations politiques locales.
Parallèlement, en 1978, de jeunes gens (et de moins jeunes!), qui œuvraient jusqu'ici dans l'ombre pour sauvegarder ce patrimoine local donnent naissance à "l'Association pour la Protection et la mise en valeur du Fort l'Ecluse". Il faut savoir le reconnaître, le regain d'intérêt pour ce fort leur doit beaucoup.
Celle-ci organise des chantiers de sauvegarde, de nettoyage, propose la réalisation de travaux et se charge des premières animations.
Un an plus tard, c'est la naissance du SIVU (Syndicat Intercommunal à Vocation Unique de 19 communes du Pays de Gex ) qui deviendra la Communauté de Communes, et qui rachète le fort en 1981 pour la somme de 50 000 francs.

En 1992 est adopté un projet d'antenne "Pays de Gex" du musée des pays de l'Ain dans quelques bâtiments du fort, autour de la thématique de la frontière et mené par le Conseil Général du département de l'Ain.
En 1993, un plan de mise en lumière du fort pour un coût de 900 000 francs est réalisé par le Syndicat Départemental d'électricité de l'Ain

En 1995 : naissance de "Fort l'Ecluse Animation" chargée de la gestion et de l'animation du site; elle prend donc le relais de l'Association pour la Protection et la mise en valeur du Fort l'Ecluse pour l'animation estivale.
En 2004 : l'Association pour la Protection et la mise en valeur du Fort l'Ecluse démissionne du Conseil d'Administration de Fort l'Ecluse Animation et abandonne ses différents mandats pour manifester son profond désaccord face aux méthodes et orientations d'une nouvelle étude.

A ce jour, après des premières restaurations réussies (restauration des casemates ou encore la réhabilitation du "Petit Théâtre" transformant cette pièce en salle de projection notamment pour la diffusion d'un film en images de synthèse retraçant l'histoire du fort), la Communauté de Communes du Pays de Gex se trouve bien malgré elle confrontée à un feu croisé de contradictions.

Aujourd'hui, le défi à relever reste donc entier.

Avec près de 14 000 entrées enregistrées en 2002, la démonstration n'est plus à faire que le seul "geste architectural" que représente ce site monumental reste tout simplement son plus fabuleux atout.
Le danger, comme à chaque fois dans ce type de reconversion, est pourtant grand de se laisser griser par la recherche de fréquentations sans cesse plus importantes et s'éloigner ainsi du contexte et des attentes locales.

Le véritable ressort n'est-il pas alors de rechercher d'abord dans l'histoire même de ce fort? Dans ce fort qui en temps de paix fut aussi, notamment grâce à son emplacement stratégique ou encore grâce à sa "cantine", l'un des rares lieux du pays de Gex à se muer en espace de convivialité, d'échanges, de croisement des générations et des couleurs sociales.

L'enjeu est de garder un œil sur l'histoire et le quotidien des femmes, des hommes et des jeunes de la région, leurs aspirations, conjuguer cela avec les impératifs d'une véritable politique culturelle et artistique dans ce lieu, tout en puisant chez nos voisins européens des idées tirées de leur réussite dans de tels patrimoines reconvertis

http://www.lesitedefortlecluse.org/

Publicité

Publié dans MONTAGNE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article